Vous ne souveniez pas avoir souscrit? Ah oui, c’était une petite ligne du contrat de votre arrivée dans ce monde quelques décennies auparavant. Oups… !
A priori vous n’êtes pas le/la seul.e à avoir raté les petites lettres, si ça peut vous consoler.
Durant ce bootcamp, il y aura des jours avec et des jours sans. Il y aura des jours où vous vous autoriserez à ressentir la peur, la tristesse, la colère et le désespoir et des jours où il sera temps de secouer son corps et le remettre dans le mouvement de la vie. Des jours où vous glorifierez la créativité, les prises en conscience et les connexions qui se créent dans ces temps nouveaux, et des jours où vous vous sentirez la solitude depuis le fond de vos os. Des jours où vous détesterez, jugerez et pestiférerez contre votre prochain, et des jours où vous serez dans l’admiration la plus béate de la beauté de vos congénères.
Hier je faisais des chorégraphies. Aujourd’hui j’ai le cœur lourd parce que la mort a fait un pas plus près de moi et que je ne peux plus feindre d’ignorer sa présence. Demain je découvrirai de nouvelles recettes et je me remettrai à écrire
Et alors surtout, il y aura des jours où vous ressentirez tout à la fois. Une pincée de tristesse, du deuil anticipé, beaucoup de colère, de la joie, de l’espoir, de la confiance, de l’inquiétude, du calme, et de l’agitation.
Une de mes réjouissances actuelle est de ne presque plus entendre ce bon vieux laconique et impersonnel “bien” à la question “Comment ça va?”. Quand je discute avec mes proches, les partages se font plus détaillés, vulnérables et relatant les réalités complexes de nos paysages physiques, émotionnels et psychiques. Ce qui ne veut pas dire que des parts de nous ne se sentent pas bien, d’ailleurs. Mais maintenant que notre expérience interne est augmentée, il semble plus difficile d’échapper au fait de ressentir cette réalité multiple.Ce “bien” m’a toujours fait l’effet de se parler de manière à peu près aussi authentique et profonde que si on faisait une partie de bataille navale.  Je ne sais pas quand on a appris qu’il fallait se résumer à une chose et se faire croire qu’on ne portait pas la joie et la tristesse à la fois, la douceur et la colère, l’espoir et le désespoir, l’attachement et le lâcher-prise en même temps.
Je ne suis pas loin de penser que ça vient d’un jeu un jour inventé dans une cour d’école, “Si tu étais une seule chose, qu’est ce que tu serais?”. Le jeu a tellement bien pris que le mec est mort 70 ans plus tard en oubliant de préciser que CE N’ÉTAIT QU’UN JEU.
Je prie pour qu’une des prises de conscience individuelle et collective de ce moment si  – inédit/ bien bien chelou/ WTF? –> barrer les mentions inutiles – soit de grandir dans notre capacité à comprendre, accepter et honorer l’intégralité de notre expérience de vie interne, ET de la partager comme telle. Parce que c’est ce qui crée de la connexion. Ce qui nous aide à l’intégrer pour nous est de ressentir que d’autres la partagent aussi. Que l’on n’est pas seul.e dans cette expérience.
Gros bisous, de mon confinement au vôtre!

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