Développement personnel, spiritualité et activisme sont les racines d’un même arbre

Je dois vous faire une confession. J’ai peur des radicaux de tout poil.

J’ai peur des activistes qui ont l’air attachés à développer ma conscience par le fait de me déprimer devant l’état du monde. J’ai peur des ultra spirituels qui enrubannent l’atrocité humaine dans des discours dégoulinants sur l’amour inconditionnel. J’ai peur des aficionados du développement personnel qui explorent leur chemin de vie en chiffre, leur personnalité en lettres et leur destin en planètes et qui me laissent perplexe sur la finalité d’une connaissance de soi si pointue. J’ai peur de ce qui ne jurent que par le bien-être parce que je veux cesser de stigmatiser mes douleurs, mes peines, mes deuils et sortir de l’idée que l’on doit tout fixer et se maintenir dans le beau, la lumière et la joie.

Et pourtant.

Je milite pour le plaisir comme valeur défiant le patriarcat. Toute ma vie est orientée sur le fait de me connaître dans mes moindres recoins, je suis 33, ISFJ, balance ascendant sagittaire et n’arrêterait ma thérapie pour rien au monde. Je suis devenue vivante comme jamais quand je me suis laissée guider par l’invisible bienveillant. Et je suis dévouée à lutter contre les inégalités, démanteler le patriarchat, déconstruire le capitalisme.

Est-ce que je suis la relou ou la too much de quelqu’un? C’est fort probable.

Là n’est pas vraiment la question. Ma tension avec les radicaux ne vient pas d’une volonté d’être consensuelle et de plaire à tout le monde (pourtant en bonne balance, j’adorerai ne jamais faire de vagues…). Elle vient du fait que je ne crois pas que le changement radical dont nous avons besoin vienne de pratiques radicales.

Je crois que le changement dont nous avons besoin est d’aller vers plus d’équilibre.
Nous devons radicalement aller vers plus d’équilibre avec des individus qui se connaissent suffisamment pour ne pas projeter leurs blessures à tort et à travers, qui s’engagent suffisamment pour contrer la dynamique actuelle et poser des briques solides vers une justice sociale et environnementale, qui sont suffisamment en paix avec leur ego et conscients d’être en interdépendance avec d’autres règnes et qui se rappellent que la joie et le plaisir ne sont pas la finalité mais les moteurs du changement.

On n’a pas besoin de perfectionnistes. Le perfectionnisme – et j’en connais un rayon étant actuellement en cure de dé-perfectionnismation – est le produit d’une société malade, imposant aux individus d’intérioriser des idéaux impossibles, les amenant à s’auto détruire et nier leur environnement.

Le but est que nous arrivions tous au bout, dans la joie, en harmonie avec nous et les autres, notre planète, nos animaux et nos écosystèmes précieux. Il manque une personne? Un animal? La joie? C’est perdu.

Jeux sans frontières. L’équipe doit faire passer tous ces joueurs pour gagner. Qu’est ce que vous leur conseillez/ braillez depuis votre écran? De collaborer. De prendre soin les uns des autres. De récupérer ceux à la traîne. D’utiliser les forces des plus vaillants pour soutenir les autres.

Au lieu de se radicaliser dans un sens, regardons là où on a mis le moins d’énergie. Ce qui était votre faiblesse il y a un an ou deux est sans doute devenu une force. Vous êtes compétent.es. Mettez cette force au service de ce en qui a le plus besoin aujourd’hui, qui peut être différent de ce que c’était il y a 9 ou 3 mois. Réévaluez, réorientez, rééquilibrez.

Utilisons notre connaissance de soi pour se mettre au service des autres. Utilisons notre énergie à démanteler les systèmes pour les traquer à l’intérieur de nous. On est ensemble, go! Et gros bisous, bien sûr!

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