Ou comment ne pas prendre des vessies pour des lanternes

“Va t’elle faire son coming out anti-spirituel après des années à nous baigner dans ces histoires qui sentent la sauge à plein nez?”, vous demandez-vous peut-être après ce titre accrocheur.

Soyez rassuré.es (ou inquiet.es, c’est vous qui voyez), je n’ai pas eu de déception ou révélation qui m’amène soudainement à penser que ma voie est dans la finance. Je suis là, avec mes sujets préférés, mes bougies et en train de régler mon alarme incendie pour brûler mon encens peinard.

Un de ces sujets justement est de voir la spiritualité pour ce que c’est. Et donc de ne pas l’utiliser pour ce que ce n’est pas. J’en parlais déjà un peu ici, et ce mois-ci, j’en remets une couche, pour ceux du fond qui étaient trop focus à manger de la bûche.

La spiritualité va vous décevoir, si vous décidez d’investir dedans pour trouver le bonheur et éviter de ressentir la douleur de la vie.

Vous allez trouver les joies les plus incroyables que vous ayez jamais ressenties. Et vous allez aussi trouver tout le reste: tous les trucs que vous avez consciemment ou inconsciemment poussés dans un placard contre lequel vous étiez fermement assis.e. Et quand vous entrez dans un chemin d’exploration spirituel, tôt ou tard, le placard va déborder si vous ne l’ouvrez pas vous-même, et va vous rappeler … qu’il est en fait un abîme sans fond.

On ne peut pas faire d’exploration spirituelle sans faire un profond travail émotionnel et psychologique. On ne peut pas utiliser la spiritualité pour éviter de dealer avec la douleur de la vie. On ne peut pas badigeonner toutes les épreuves de la vie par de la gratitude pour espérer ne plus ressentir, ni essayer de se faire des bains au gros sel pour éviter d’affronter le travail intérieur de clarification, on ne peut pas utiliser des techniques magiques de protection pour ne pas avoir à poser de limites. Tout ça s’appelle du bypass spirituel, et c’est dangereux parce que ça nous coupe de nous et des autres.

N’essayez pas de me faire voir le positif alors que je baigne dans un océan de confusion. Ce dont j’ai besoin est de connexion, de la sensation qu’on est prêt à s’asseoir avec moi dans mon expérience, tout aussi pénible soit-elle, et pas d’un enseignement spirituel enroulé dans des paillettes.

Quand on utilise la spiritualité pour tenter de se maintenir uniquement dans une expérience “de lumière”, on se déconnecte. De la vérité, et des autres. Et on perd une des qualités humaines les plus indispensables à notre époque: la compassion.

Par contre, ce qu’on trouve dans ce chemin spirituel, c’est plus de résilience. Plus de capacité à apprécier la vie – et spécifiquement la nôtre – pour ce qu’elle est. Plus d’humilité face à notre humanité et celle des autres. Plus de flexibilité dans ce processus de changement dans lequel notre âme est engagée. Et surtout plus de capacité à s’asseoir avec la vérité, même celle qui n’est pas limpide, qui est paradoxale, complexe, teintée, décevante.

Parce que c’est ça le deal: la spiritualité est l’exploration de l’âme et du grand mystère de la vie. Et notre âme, sa passion, c’est de grandir. Là où notre ego veut un bonheur sans surprise ni changement, notre âme vit sa meilleure vie quand on grandit, qu’on apprend et qu’on se transforme.

Alors la spiritualité, c’est un peu le surf de l’existence. Et dans le surf, il y a toujours un moment où on nage contre le courant avant de remonter sur la planche.

C’est dans cet exact contexte de surf que s’inscrit Prêtresse Moderne. A la prochaine nouvelle Lune, c’est reparti, j’accueille une nouvelle promo de prêtresses, prêtes à se lancer dans cette aventure transformatrice de co-créer avec l’invisible. Ca secoue, et ça change profondément, mais c’est aussi très joyeux. Si vous êtes interessée ou juste que vous voulez faire un rituel avec moi, venez le 28 janvier – c’est gratos :).

Sur ce, la bonne année bien sûr!

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