Ou comment j’ai échappé à une carrière au FMI

La semaine dernière, ma mamie Marguerite est passée de l’autre côté du voile. Du côté où elle n’est plus incarnée dans le corps physique dans lequel je l’ai toujours connu, celui un peu vouté enveloppé dans des bas et des blouses à fleurs _ blouses dont je serai à peine étonnée qu’on les renomme d’après elle en son hommage à un moment de l’histoire de la blouse.

J’ai bien-sûr un peu de tristesse à me dire que je n’entendrai plus son rire, ses expressions et qu’il y a toutes ces histoires que je ne connaitrais jamais. Mais pour tout vous dire, j’ai la sensation de faire plus connaissance avec elle maintenant qu’elle est dans l’invisible.

Pendant les vingt premières années de ma vie, j’étais une fervente défenderesse du “y’a-rien-après-la-mort-ce-ne-sont-que-des-moyens-d’asservir-la-population-et-des-échappatoires-pour-éviter-les-émotions”. J’aurais pu vous expliquer en long en large et en travers à grand renfort de concepts psychologiques pourquoi il n’y avait rien de mystico-magique de l’autre côté. Et qu’il n’y avait d’ailleurs pas d’autre côté.

Et puis le doute s’est installé. Et la certitude est finalement devenue l’hypothèse du début de mes recherches mystico-scientifiques.  Et vous connaissez la suite, une dizaine d’années plus tard, je suis devenue une activiste de l’Invisible.

Pour en revenir à ma petite mamie, la vérité est que je n’ai pas eu beaucoup de liens avec elle de son vivant. Ce n’était pas une mamie-cookies qui raconte des histoires et fait des câlins quand on a peur. On s’aimait beaucoup, mais sa discrétion la rendait pour le moins mystérieuse. Nul doute que le FBI nous l’enviait.

Mais voilà, en début de mois, lors d’un cours de Qoya sur le Pouvoir des Ancêtres où j’invitais les femmes à se connecter à quelqu’un de leur lignée, j’ai senti sa présence très nette. Elle voulait danser avec moi pendant cette soirée. Ça m’a surprise le temps d’une inspiration et puis à l’expiration, je me suis laissée faire malgré la nouveauté de la situation.

J’aurais juré qu’il y avait plus de chance de me retrouver présidente du FMI que de groover sur Alicia Keys avec mamie Marguerite. Et pourtant, l’Univers, jamais à court de surprises pour nous rappeler de croire aux miracles, a encore frappé. Depuis ce moment, et plus encore depuis son départ, j’apprends à la connaître plus que je n’aurais pu le faire de son vivant.

Alors j’ai beaucoup de gratitude pour la capacité à vivre plus que ce qu’on pense être possible, pour ce qu’on ne voit pas mais qui est là et pour les mamies discrètes au rire adorable. Et j’espère quand même que l’Univers ne m’a pas pris au mot pour le FMI.

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